Ce sont à présent 18 volontaires qui sont engagés sur l’aide d’urgence en Haïti. Le plus gros de l’équipe, 16 volontaires, est déjà sur place. Le chef de mission et un logisticien sont arrivés hier soir par avion à Port-au-Prince. Un médecin de la PIRAC (Plateforme d’intervention régionale pour la zone Amériques Caraïbes) en Guadeloupe a également rejoint l’équipe, tandis que la délégation départementale consolide une liste de volontaires pour répondre à des demandes de renforts supplémentaires.
Les deux objectifs prioritaires sont la mise en place des centres de santé et l’installation des stations de potabilisation de l’eau. La délégation française sur place a identifié 5 à 6 sites susceptibles d’accueillir nos dispensaires, autour de la capitale, dans les quartiers de Petionville et Canapé Vert, non loin des locaux de la Croix-Rouge française. Il faut s’assurer prioritairement de la sécurisation des sites.
L’acheminement vers Port-au-Prince du matériel de traitement d’eau et 750 kits familiaux de produits d’hygiène et d’abris, stockés jusqu’alors dans l’entrepôt Croix-Rouge française de Saint-Marc, à une demi-heure de la capitale, est en cours. Tout sera déchargé dans un entrepôt basé à Chabouma (au nord de Port-au-Prince) et dans deux usines où va être installés une station de potabilisation de l’eau pouvant bénéficier à 40 000 personnes pendant un mois.
Matériel et logistique
Côté matériel, le premier avion gros porteur affrété par la Croix-Rouge française est arrivé lundi 18 en Haïti, après une escale forcée au Canada, avec 160 mètres cubes, soit près de 40 tonnes de matériel : des véhicules, un élévateur, du matériel pour le traitement de l’eau destiné à 15 000 personnes (en coopération avec Veolia, 12 « shelter box » (cantines contenant des tentes, des kits de cuisine, etc.) pour 2 000 personnes, ainsi que 10 cantines de médicaments offertes par l’association Tulipe (matériel médical d’urgence pour assurer des soins et traitements à 10 000 personnes.
Un second avion s’est posé dimanche 17 à Saint Domingue, comprenant près de 40 tonnes de matériel, dont 700 tentes en provenance de notre plateforme logistique de Guadeloupe (PIRAC). Chaque tente peut abriter une famille de 5 à 6 personnes. Ce chargement sera acheminé sur Port-au-Prince via la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans les 48 heures.
Une solution maritime est également à l’étude, en ce moment même, avec les autorités françaises en Martinique. 23 tonnes de matériel pourraient ainsi partir de Martinique et 20 autres tonnes de Guyane, pour être déchargées dans l’entrepôt de Chabouma.
Enfin, un troisième avion affrété par la Croix-Rouge française sera chargé ce mardi soir à Vatry et décollera demain matin, mercredi 20, de Vatry (Reims). Il transportera d’autres cantines familiales (shelter box) et des kits de couvertures, produits d’hygiène, etc. Deux ingénieurs de l’association Electriciens sans frontières (partenariat avec la Croix-Rouge française), chargés de monter 30 mètres cubes en groupes électrogènes, embarqueront également.
Accueil et soutien psychologique
Des volontaires de la Croix-Rouge d’Outre-Mer et de la région parisienne sont engagés depuis vendredi 15 dans l’accueil des Français rapatriés d’Haïti. Un avion effectue deux à trois rotations par jour entre Port-au-Prince et Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, transportant à chaque fois 35 passagers. Au total, 700 ressortissants français ont été pris en charge durant le week-end et rapatriés ensuite sur Roissy ou Orly.
Le rythme devrait être maintenu dans les jours qui viennent avec une centaine de passagers par jour. Ces personnes, très choquées, souvent démunies, sans argent ni vêtements, sont accueillies à Pointe-à-Pitre, où elles peuvent se reposer à l’hôtel avant de regagner la métropole. Dans les aéroports parisiens, des volontaires de la Croix-Rouge française assurent l’accueil et un soutien psychologique, aux côtés de la CUMP (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique). Une trentaine de volontaires restent donc mobilisés à Orly chaque jour pour mener à bien cette mission très importante, au regard de la détresse des personnes accueillies.
La communauté haïtienne est elle aussi très désireuse de soutien psychologique. La cellule qui avait été mise en place ces derniers jours à Saint-Denis (93) a été déplacée dans le Val d’Oise. Là encore, des experts accueillent et écoutent les demandes, très nombreuses.
Par ailleurs, une évaluation est actuellement en cours en Haïti afin d’intégrer la mission de soutien psychologique au niveau local. Un volontaire de la Croix-Rouge française, spécialement formé, rejoindra ensuite probablement l’équipe d’experts du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le CICR chapeaute, en outre, la mission Rétablissement des Liens Familiaux à Port-au-Prince. Cinq experts sont sur place actuellement, dont une volontaire de la Croix-Rouge française, pour mettre en place au plus vite des accès Internet et des lignes téléphoniques pour les familles qui recherchent des proches, portés disparus ou dont ils sont sans nouvelles. Les demandes affluent par milliers sur le site Familylinks, déjà en place, que ce soit de France ou d’Haïti. Ces experts procèderont notamment à l’identification des cadavres pour tenir informées les familles. Cette mission est donc fondamentale.